dimanche 23 octobre 2016

[Portrait] Rachel Carson : mère de l’écologisme



Rachel Carson (source)


Sans avoir pu finir ses études, Rachel Carson est devenue une biologiste des plus influentes et une pionnière des lanceurs d’alerte dans la lutte pour l’environnement. 



Un début prometteur mais avorté


Rachel, enfant (source)
Née en 1907 à Springdale, petite ville rurale de Pennsylvanie près de Pittsburg (États-Unis), la petite Rachel passe son enfance au contact de la nature. Alors que sa mère lui inculque ses connaissances de la vie sauvage, elle se passionne également très tôt pour la lecture et l’écriture. À 10 ans, elle publie sa première nouvelle. Adolescente, le goût des voyages, de l’aventure et de l’océan ne quitte pas Rachel. Elle dévore ses auteurs favoris que sont Melville, Conrad ou Stevenson. Bien qu’étant une étudiante brillante, elle est contrainte à la fin de son master en 1932 de renoncer à se lancer dans un doctorat. Les difficultés financières de sa famille l’obligent à chercher un poste d’enseignante. Les tragédies familiales s’abattant tout au long de sa vie, et les responsabilités liées à celles-ci s’accumulant, Rachel n’aura jamais l’opportunité de faire une thèse.


Premier best-seller


Rachel Carson, 1951 (source)
Elle obtient son premier poste non en tant qu’enseignante, mais en tant que rédactrice au U.S. Bureau of Fisheries (Bureau des pêches). Elle est chargée dans un premier temps d’écrire des articles à destination du grand public et, notamment, des scripts pour la radio concernant la biologie marine. Durant 15 ans, elle grimpe les échelons jusqu’à devenir rédactrice en chef en 1949. En parallèle, elle multiplie la publication d’articles et d’essais qui connurent des succès variables.

C’est en 1951 qu’elle connaît son premier grand succès en librairie. Avec « Cette mer qui nous entoure » (The Sea Around Us), Carson se maintient durant 86 semaines dans le top des meilleures ventes du New York Times. Le livre fait partie d’une trilogie où Carson y décrit les connaissances mises à jour sur le fonctionnement des océans et la biologie marine. Son travail lui vaut de recevoir le National Book Award, la Médaille John Burroughs*, ainsi que deux titres de docteur honoris causa*. Il sera adapté au cinéma deux ans plus tard, recevant un Oscar du meilleur documentaire malgré la déception de l’auteure vis-à-vis du script. 

La "trilogie de la mer" (source)


"Printemps silencieux"


Dans le même temps, Carson se préoccupe de plus en plus de l’utilisation massive des pesticides dans l’agriculture. Il résulte de ses recherches le livre « Printemps silencieux »  (Silent spring) publié en 1962, véritable bombe qui pointe du doigt les dangers des pesticides sur la vie animale et la santé humaine. Le titre devait être à l’origine celui d’un des chapitres qui se penchait sur la surmortalité entraînée par les pesticides chez les oiseaux, conduisant à un printemps où nous n’entendrions plus le doux chant de ces fragiles animaux. Il fut finalement utilisé comme symbole des conclusions de l’auteure. Atteinte d’un cancer du sein
Rachel Carson, 1963 (source)
récidivant depuis de nombreuses années, elle s’entoure du soutien de ses paires scientifiques afin de contrer les critiques auxquelles elle s’attend lors de la publication de son livre. Les attaques ne viendront que de l’industrie chimique qui n’hésite pas à s’en prendre à sa personnalité et sa vie privée pour la décrédibiliser. En vain. Avec un nouveau best-seller à son actif, Carson non seulement sensibilise le grand public, mais assène un violent électrochoc au gouvernement américain qui finira par interdire l’usage du pesticide DTT en 1972. Durant la même époque, l’United States Environmental Protection Agency (Agence américaine de protection de l’environnement) est créée. Les travaux de Rachel Carson auront également un retentissement dans tout l’Occident et participeront à lancer le mouvement écologiste.



"Printemps silencieux" (source)


Après des années de combat contre son cancer et ses détracteurs, la biologiste s’éteint à Silver Spring (Maryland) à l’âge de 56 ans (1964) suite à un virus respiratoire. Sa vie intime est peu connue.
Stanley et Dorothy Freeman, Rachel Carson (source)
Elle n’eut pas d’enfant ni de mari. On lui sait cependant une relation très forte avec Dorothy Freeman qui a suscité beaucoup de doutes quant à sa nature. Sans chercher à rentrer dans les détails, nous pouvons dire qu’elle avait trouvé chez Dorothy une « âme-sœur qui pourrait l'écouter sans lui donner de conseils et l'accepter dans son intégralité : à la fois l'écrivaine et la femme qu'elle était ».




* Docteur honoris causa: marque de distinction offerte par une université à une personnalité ayant posé sa marque dans un domaine particulier. 
Médaille John Burroughs: prix décerné pour une œuvre jugée remarquable dans le domaine de l'histoire naturelle





Références / Pour aller plus loin

Lear Linda  – « The Life and Legacy of Rachel Carson», SITE WEB (lien) 
Rachel Carson Center for Environement and Society – « Rachel Carson Biography», SITE WEB (lien) 
Luneau A., Chansigaud V. et Matagne P., 01/11/2012 – « Rachel Carson : celle qui transforma l’Amérique ! », France Culture / La marche des sciences, AUDIO (lien, télécharger l’émission) 
Wikipédia – « Rachel Carson » (lien) 
Wikipédia – « Cette mère qui nous entoure » (lien) 
Wikipédia – « Printemps silencieux» (lien) 
Chansigau V., 2012 – « Comment on a déclarer la guerre au DTT », Pour La Science, n°421, p. 76 -79 (lien, télécharger l’article)




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